“Spider-Man – No Way Home” un film réalisé par Jon Watts

Sortie DVD : Spider-Man : No Way Home Jon Watts

Pour ce nouvel épisode des aventures de Spider-Man incarné par Tom Holland dans une trilogie qui fait suite à deux autres trilogies (ou presque puisque celle réalisée par Marc Webb ne comprend que deux films) en revenant deux décennies en arrière, c’est le principe du multivers qui est lancé dans le but d’offrir une nouvelle étape dans l’arc narratif des super-héros de Marvel. C’est aussi une manière de réintégrer les films réalisés par Sam Raimi et Marc Webb à une époque où Spider-Man sous licence Sony ne pouvait appartenir à la Marvel. On retrouve ainsi la volonté boulimique de Marvel-Disney d’absorber tout récit pour créer un univers monde capable de réunir tous les fans issus de divers horizons parmi les super-héros au moment précis où au bout de vingt ans, c’est aussi une nouvelle génération qui apparaît.

“Spider-Man – No Way Home” de Jon Watts © Sony Pictures

L’originalité du multivers n’est pourtant pas inédite puisqu’il était apparu de manière beaucoup mieux développée et sous une forme plus originale dans le long métrage d’animation Spider-Man : New Generation (Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman, 2018).

 En revanche, la nouvelle proposition de scénario repose ici dans Spider-Man – No Way Home sur l’apparition de super méchants des épisodes différents et le choix personnel de Peter Parker / Spider-Man de ne pas les condamner de prime abord. Après Happy et Iron Man, Peter Parker / Spider-Man se trouve une nouvelle figure de père avec Dr Strange, avec un conflit générationnel quant à la décision ou non de condamner des individus identifiés comme criminels. Le film conserve sa volonté de continuer à explorer l’univers de l’adolescence et aussi d’un héroïsme partagé grâce à l’aide de son équipe composé d’une petite amie et d’un meilleur ami, avant d’être rejoint par d’autres Spider-Man.

Hormis cette volonté de casser le manichéisme selon lequel les méchants sont des méchants irrécupérables et la surprise, quand on l’ignore encore avant d’avoir vu le film, que des personnages antérieurs vont ressurgir, aucun complexe ici pour répéter à l’envi une successions de séquences avec un combat final sur un monument emblématique, un grand drame qui va faire douter le héros à mi-chemin du récit, un élan de solidarité, des combats certes spectaculaires sur fonds verts mais dont on connaît clairement l’issue. Il en ressort un film qui se fond dans l’air du temps en réunissant la prouesse de faire revenir en salles de cinéma de très nombreux spectateurs malgré les contraintes dans le cadre de la pandémie mais tout en niant la réalité contemporaine dans le monde entier, comme si le film avait été produit et réalisé dans un autre monde que le nôtre dans un multivers. On est en droit d’attendre des scénaristes plus impliqués avec un davantage d’imaginations mais encore un metteur en scène capable d’imposer davantage son sens de la mise en scène. Jon Watts avait pourtant été identifié comme un auteur dans le cinéma indépendant en signant ses propres scénarios, mais il ne reste hélas plus grand-chose ici de la responsabilité initiale pour le réalisateur de nourrir le film de ses propres obsessions.

Spider-Man : No Way Home
Jon Watts
Avec : Tom Holland (Peter Parker / Spider-Man) Zendaya (Michelle « M. J. » Jones-Watson), Benedict Cumberbatch (Stephen Strange / Docteur Strange), Andrew Garfield (Peter Parker / Spider-Man), Tobey Maguire (Peter Parker / Spider-Man), Jacob Batalon (Ned Leeds), Marisa Tomei (May Parker), Jon Favreau (Harold « Happy » Hogan), Willem Dafoe (Norman Osborn / Le Bouffon Vert), Jamie Foxx (Max Dillon / Electro), Alfred Molina (Otto Octavius / Docteur Octopus), Tony Revolori (Flash Thompson), Thomas Haden Church (Flint Marko / L’Homme-Sable), Rhys Ifans (Curt Connors / Le Lézard), Benedict Wong (Wong), Martin Starr (M. Roger Harrington), J. B. Smoove (Julius Dell), Hannibal Buress (le coach Wilson), Angourie Rice (Betty Brant), Arian Moayed (l’agent Albert Cleary du Damage Control), J. K. Simmons (J. Jonah Jameson), Paula Newsome (l’assistante du vice-chancelier du MIT), Mary Rivera (Lola Leeds), Charlie Cox (Matt Murdock), Tom Hardy (Eddie Brock / Venom), Cristo Fernández (le barman qui sert Eddie Brock)
USA, 2021.
Durée : 148′ (2h28)
Sortie en salles (France) : 15 décembre 2021
Sortie France du DVD : 27 avril 2022
Format : 2,39 – Couleur
Éditeur : Sony Pictures

x